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Comment devenir intelligent émotionnellement quand on est un zèbre hypersensible ?

mai 13, 2020

Tout vous touche et vous affecte plus que les autres ? Vous vivez vos émotions avec trop d’intensité ? Vos émotions vous font vivre des montagnes russes entre anxiété, accès de colère, injustice, joie, moments d’abattements …?

Ces débordements émotionnels sont épuisants et fatigants pour vous? Vous vous sentez souvent jugé à cause de vos réactions excessives ? Combien de fois vous a-t-on déjà dit que vous êtes trop sensible, trop émotif, trop susceptible, à fleur de peau ? 

A chaque fois, ces mots vous blessent, vous attristent, vous dégoûtent, vous mettent peut-être même en colère ou vous rendent honteux parce qu’au fond vous vous sentez incompris, différent. D’autant plus, que dans notre culture ce n’est pas très bien vu d’exprimer ses émotions.

Et c’est vrai que les autres ne peuvent pas vous comprendre s’ils ne font pas eux-mêmes partie des 15 à 20% de la population générale considérée comme hautement sensible. Chez les zèbres, ce pourcentage grimpe vertigineusement, même si à ce jour on ne dispose pas de données statistiques officielles sur le sujet.

Les zèbres : champions du monde de l’hypersensibilité émotionnelle

Pourquoi l’extrême sensibilité émotionnelle se rencontre majoritairement chez les personnes douées ?

Avant d’apporter quelques éléments de réponse, penchons-nous brièvement sur ce qu’est l’hypersensibilité émotionnelle.

En psychologie, l’hypersensibilité est un tempérament et non pas une maladie. Elaine Aron, psychologue et grande spécialiste de la haute sensibilité, la définit comme la capacité à ressentir des degrés de stimulation qui échappent au plus grand nombre. Autrement dit, une personne hypersensible est plus stimulée que les autres par une même stimulation, sa réaction émotionnelle est donc plus forte et elle est aussi plus sensible aux stimuli subtils (sons, lumière, sensations physiques comme la douleur).

Concrètement cela se traduit par le fait qu’une personne ultrasensible est plus réceptive aux ambiances, aux attitudes, aux non-dits, aux implicites, aux stimuli provenant de l’environnement, aux interactions avec les autres…. déclenchant des émotions qui peuvent venir perturber l’analyse rationnelle des situations.

C’est pourquoi, une situation peut être vécue comme pénible pour un zèbre et pourra être perçue comme exagérée, voire extrême par son entourage. D’où une incompréhension et un sentiment de décalage des deux côtés. Pourtant, l’hypersensibilité ne se résume pas à cette unique caractéristique. Elle recouvre bien plus que cela.

Synthèse de l'hypersensibilité

Alors pourquoi les zèbres sont-ils des postulants de choix à l’hypersensibilité émotionnelle ?

Tout simplement parce qu’ils disposent d’un terreau fertile en raison de leurs particularités neurophysiologiques.

  • Premièrement, l’hyperesthésie (exacerbation) émotionnelle et sensorielle des surdoués est associée à une capacité plus importante que la normale à traiter les informations de l’environnement de manière simultanée et très rapide (due à une myéline plus épaisse).
  • Deuxièmement, le niveau de coopération entre les deux hémisphères cérébraux est plus performant dans l’assimilation des messages émotionnels au niveau de l’activité de penser.
  • Enfin, plusieurs études ont souligné une excitabilité plus élevée du système limbique (cerveau des émotions) et de l’amygdale cérébrale (siège de la peur) chez les personnes douées.

Etudes de Jambaqué, 2004 ; Kim, 2016, Lautrey et al, 2017 ; Thompson & Oehlert, 2010. Image extraite de l’association québécoise de la douance.

Si vous avez le sentiment de subir vos émotions, c’est que comme beaucoup, il vous manque une compréhension essentielle.

Une compréhension qui permet de :

  • ne plus se dénigrer. 
  • exprimer ses émotions, même si c’est avec maladresse parfois.
  • écouter et d’accueillir ses émotions.
  • mieux comprendre les autres aussi, et transformer positivement ses relations avec les autres
  • exprimer ses besoins plus facilement et de ressentir plus de joie.

Cette compréhension fondamentale c’est que les émotions ne sont pas vos ennemies mais de précieuses alliées. En effet, elles sont là pour vous délivrer un message, pour vous faire prendre conscience qu’il y a quelque chose à ajuster dans telle ou telle situation.

Il est donc essentiel de se réconcilier avec ses émotions en apprenant à développer son intelligence émotionnelle.

L’intelligence émotionnelle : késako ?

Pour s’adapter au monde, l’intelligence purement cognitive (celle évaluée par le fameux QI) ne suffit pas. En effet, la manière dont nous appréhendons les étapes de la vie est aussi déterminante. Nous devons pour cela faire appel à ce que l’on appelle l’intelligence émotionnelle c’est à dire notre capacité à utiliser nos émotions et notre intuition.

L’intelligence émotionnelle (IE) est une notion récente (1990), modélisée par deux psychologues, Peter Salovey et John Mayer qui la définissent comme:

“une forme d’intelligence sociale qui implique de contrôler ses propres sentiments et émotions et celles des autres, de les distinguer entre elles et d’utiliser cette information pour guider la pensée et l’action de l’individu” 

Elle repose sur cinq compétences dont trois sont personnelles et deux sont sociales :

  1. la conscience de soi : reconnaître ses émotions quand elles se produisent
  2. le contrôle de soi : découle de la conscience de soi. C’est gérer ses émotions, autrement dit être capable de manier les émotions afin qu’elles soient appropriées à la situation
  3. la motivation pour soi-même : c’est trouver soi-même les sources de motivation qui permettent de rester dans un état d’esprit positif et le cultiver.
  4. la conscience des autres : reconnaître les émotions des autres. C’est la base de l’empathie.
  5. gérer les relations : s’appuie sur les autres aptitudes et permet la coopération, la création de liens, l’amélioration de la qualité des relations.

Sans ces cinq compétences nous ne serions pas intelligents ! La bonne nouvelle, c’est que s’agissant d’une compétence, celle-ci peut donc être développée par l’apprentissage, la pratique et la persévérance.

Quelle est la différence en Q.I. et Q.E. ?

Le quotient intellectuel évalue les capacités intellectuelles de l’individu lui permettant de comprendre et de découvrir ce qui l’ entoure. Il s’agit d’une mesure de l’intelligence logique.

Le quotient émotionnel (QE) prend en compte les facultés d’adaptabilité et de confiance en soi

Quelle différence entre intelligence émotionnelle et quotient émotionnel ?

La première est un aboutissement et la seconde est un moyen. C’est en développant ses compétences émotionnelles telles que la confiance en soi, l’empathie, la maîtrise de ses émotions qu’un individu va développer son intelligence émotionnelle qui lui permettra d’évoluer avec aisance dans de multiples situations.

La bonne nouvelle c’est que contrairement à l’intelligence cognitive qui est stable et évolue peu après l’adolescence, l’intelligence émotionnelle s’enrichit tout au long de la vie.

Nos émotions sont à la base de notre intelligence

L’intelligence émotionnelle n’est pas liée au QI (quotient intellectuel). Nous ne pouvons pas prédire l’intelligence émotionnelle à partir du QI d’une personne. Celle-ci peut avoir un QI de 130, et avoir cependant un sérieux déficit en compétences émotionnelles (la conscience de soi, la maîtrise de soi..).

D’ailleurs, selon le psychologue Daniel Goleman qui a popularisé le concept d’IE, la réussite d’un individu dépend davantage de son Quotient émotionnel (QE) que de son Quotient intellectuel (QI).

Il postule que l’IE est un facteur prédictif de performance et de réussite quatre fois supérieur au niveau de QI.

Il a ainsi mis en évidence que dans l’univers professionnel, les sur-diplômés ne sont pas forcément les grands gagnants. Par contre, ceux qui sont humainement appréciés, capables de reconnaître, d’analyser, de gérer leurs émotions et celles des autres réussissent mieux. 

Goleman postule donc que l’intelligence n’est pas purement COGNITIVE mais que le cerveau émotionnel (limbique) serait à la base du cerveau PENSANT (néocortex). Autrement dit, à la base de l’intelligence il y a les émotions.

Il explique que c’est l’IE qui bloque ou amplifie notre capacité à penser, planifier, apprendre. Autrement dit, les situations émotionnelles sont à la base de développement de l’intelligence théorique et pratique et donc de la performance.

De même que les situations émotionnelles sont à la base des blocages de l’intelligence théorique et pratique et donc de la contre-performance.

Vous est-il déjà arrivé de rater un entretien ou un examen parce que vous étiez trop stressé ou anxieux alors que vous connaissiez parfaitement votre sujet ? 

Les recherches en psychologie ont montré que généralement les émotions positives facilitent les processus cognitifs d’un individu tels que la mémorisation alors que les émotions négatives les entravent.

Intelligence émotionnelle égale maturité affective

Pour Daniel Goleman, l’intelligence émotionnelle correspond à la maturité affective. Avoir un bon niveau d’intelligence émotionnelle, c’est à la fois être capable de réguler ses émotions et celles des autres mais c’est aussi être capable de les distinguer et d’utiliser les informations perçues pour guider sa pensée et ses actions.

A la lumière de ce modèle théorique, on peut en déduire que le surdoué, de par son terrain d’hyperesthésie, aura tout intérêt au cours de son développement à apprendre à apprivoiser son hyperesthésie émotionnelle afin qu’elle ne mute pas en hypersensibilité.

Cela va dépendre en partie de la bonne qualité de son environnement dans l’enfance et l’adolescence mais aussi de l’apprentissage qu’il fera des émotions et de leur régulation interne dès son plus jeune âge.

Quelles sont les conséquences d’un défaut d’apprentissage émotionnel?

Un défaut d’apprentissage émotionnel pourra conduire à:  

  • des troubles anxieux liés à une hypervigilance chronique lorsque l’hyperesthésie est associée à une mauvaise assimilation du message émotionnel et une difficulté de réguler son état émotionnel interne.
  • des réactions caractérielles, des prises de décisions impulsives et un risque d’épuisement dépressif quand les débordements émotionnels deviennent trop prolongés et/ou trop déstabilisants.
  • ou à l’inverse, un blocage total de la pensée par la cognition (mécanisme de défense), donnant l’impression que rien ne le touche.
  • un brouillage de l’analyse rationnelle aboutissant à des erreurs importantes dans le traitement de l’information quand l’hyperesthésie est liée à une mauvaise compréhension des informations sensorielles.

Qu’est-ce qui facilite le glissement de l’hyperesthésie vers l’hypersensibilité émotionnelle ?

Deux facteurs importants sont à prendre en considération.

Le premier est le niveau de sécurité interne de la personne. Celui-ci dépend de la qualité et à la stabilité de l’environnement familial dans les premières années de vie, du type d’attachement avec les figures parentales et de leur aptitude à répondre de manière adaptée aux besoins de leur enfant ainsi qu’à l’existence ou non de séparations précoces.

Quand c’est le cas, le surdoué va s’appuyer sur son hyperesthésie pour s’adapter, voire se sur-adapter de manière efficace. Par contre, il n’apprendra pas à réguler ses émotions du fait d’un environnement inadéquat.

Le second facteur dont il faut aussi tenir compte est l’histoire personnelle du sujet et les événements traumatisants qu’il a pu vivre. Le zèbre, avec son aptitude à percevoir toutes les choses plus intensément, peut ainsi devenir au cours de sa vie, hypersensible au gré des expériences traumatisantes vécues.

Il parviendra à compenser ou cacher cette hypersensibilité grâce à ses capacités d’hyper-adaptation avec souvent un certain sentiment de honte de se trouver dépassé par des situations qui ne semblent ni dépasser ni traumatiser outre mesure les personnes de son entourage.

Comment s’exprime l’hypersensibilité émotionnelle chez le zèbre ?

L’hypersensibilité émotionnelle se manifeste différemment selon que la personne douée soit introvertie ou extravertie.

  • L’extraverti va plutôt être dans l’excès émotionnel. Il aura tendance à se heurter aux autres, comprenant mal leurs réactions à son égard, et souffrira d’être incompris. Si l’hypersensibilité émotionnelle est mal contrôlée, elle va donc amplifier toutes les réactions émotionnelles et va contribuer aux variations de l’humeur. Le risque de burn-out émotionnel ou dépressif est alors assez grand.
  • Chez l’introverti, l’hypersensibilité va avoir tendance à accentuer encore davantage son introversion, à renforcer l’anxiété, la méfiance face à l’extérieur et provoquer des attitudes de retrait, voire de phobies.

Dans les deux cas, le risque d’addiction est important (produits, nourriture, écran, internet, réseaux sociaux, dépendance affective…) puisqu’il sert de mécanisme d’écran, de pare-feu pour désinvestir la sphère émotionnelle réelle.

Comment prendre soin de son hypersensibilité émotionnelle et devenir intelligent émotionnellement ?

Votre hypersensibilité émotionnelle deviendra votre meilleure boussole si elle n’est trop irritée par les stimuli de votre environnement. 

Voici quelques conseils qui vous permettront d’en prendre soin ainsi que quelques clés pour vivre intelligemment ses émotions.

1. Faire preuve de bienveillance envers soi

Faire preuve de compassion envers soi-même, arrêter de culpabiliser et se libérer de la honte. 

La culpabilité est utile à notre bien-être et à notre estime de soi si elle nous pousse à agir pour réparer un geste, un dommage, un tort fait à quelqu’un et rétablir notre relation avec l’autre.

La honte quant à elle, apparaît quand nous nous sentons humiliés, moins bien que les autres, non conformes, inadaptés par rapport aux normes sociales que nous ne parvenons pas à atteindre.

La honte est plus néfaste car elle attaque notre estime de soi, fragilise notre personnalité, consomme beaucoup de notre énergie et nous incite à éviter le regard des autres.

La honte peut être utile lorsqu’elle attire la sympathie et l’indulgence des autres, mais il est risqué pour notre identité de vivre dans la honte. Une aide psychologique peut être profitable, ou même nécessaire, pour se sortir de la honte.

2. S’entourer des bonnes personnes et poser des limites

Faire en sorte de rencontrer des personnes positives, bienveillantes, optimistes et d’éloigner les relations toxiques (familiales, amicales, collègues etc…). Vous connaissez des personnes qui vous boostent ? Alors voyez-les plus souvent.

A l’inverse, protégez-vous des personnes les plus négatives, trop anxieuses celles dont la compagnie a tendance à vous plomber car vous risquez d’absorber (consciemment ou non) leur vécu émotif et imposez vos limites en termes de temps, de nombres de visites, de paroles que vous ne voulez pas ou plus entendre….

Les limites sont celles que vous trouvez bonnes pour vous ! Posez ses limites, c’est apprendre à se respecter. Aussi, apprenez à exprimer vos besoins. Les autres ne peuvent pas les deviner, même s’ils vous connaissent depuis longtemps. Ils ne sont pas dans votre tête ; c’est par conséquent plus facile quand on le dit clairement tout en respectant l’autre; cela évite les malentendus et les mauvaises interprétations.

Dites-vous bien qu’il est compliqué pour tout le monde de voir où sont les limites des uns et des autres: aussi, concernant vos propres besoins, à vous de dire non, sans avoir à vous justifier. Un non n’a pas toujours besoin de justification ! Si cela vous semble difficile, un travail sur votre confiance en vous peut sembler nécessaire.

3. S’aménager un coin tranquille

Aménagez-vous un espace personnel en ayant un coin calme qui vous est uniquement destiné à la maison et au travail si c’est possible.

4. S’accorder un moment de calme

S’accorder un moment pour soi est un élément indispensable pour les hypersensibles. Cela permet de se couper des stimulations du monde extérieur et permet de se reconnecter avec son ressenti, ses émotions, ses pensées. 

Chaque jour, consacrez au moins 30 minutes d’une activité qui vous fait du bien, une activité-plaisir (yoga, méditation, pleine conscience, manga, sport, jardinage, écriture, dessin, peinture…), rien que pour vous, même si c’est ne rien faire !

Quand on dit « je n’ai pas le temps » cela revient à dire que « Je ne suis pas une priorité » !

5. Conscientiser ses états internes

Demandez-vous régulièrement : est-ce que les émotions que je ressens sont à moi ?

  • Si ce n’est pas le cas, à qui peuvent-elles être ? Et que puis-je faire concrètement pour ne plus les absorber (p.ex. m’éloigner, les nommer, aller marcher, me détendre, écrire, dessiner, poursuivre un projet important pour moi).
  • Si la réponse est oui, les accepter c’est-à-dire les tolérer, comme une vague qui va et vient, qui finit par disparaître pour être remplacée par une autre, différente celle-là. Se demander ce que je peux faire pour mieux tolérer l’intensité de cette émotion le temps qu’elle passe ? (par ex. en parler à quelqu’un, l’écrire, aller dehors, faire une activité, bouger, etc.).

Conclusion

RECONNAÎTRE, COMPRENDRE, MAÎTRISER (ses émotions) : trois petits mots qui peuvent totalement changer une vie… surtout quand on est un zèbre hypersensible et qu’on vit des tempêtes émotionnelles régulièrement. C’est pourquoi, développer son intelligence émotionnelle est la clé pour vivre harmonieusement son hypersensibilité et s’épanouir enfin. La bonne nouvelle c’est que petits et grands, nous avons tous en nous les aptitudes de la faire croître et de la cultiver.

Comme pour tout apprentissage cela demande une certaine discipline, de l’entraînement et de la persévérance.

Mais les résultats qui en découlent peuvent réellement transformer votre vie et celle des autres.

Alors quand commencez-vous ?

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